CSAM Déclaration liminaire

CSAM
Déclaration liminaire
Balard, le 8 juillet 2026
Monsieur le Secrétaire général,
Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs,
Dans un contexte géopolitique très incertain, la France engage un effort
budgétaire sans précédent pour sa Défense. Mais cet effort largement
capacitaire ne se traduit pas sur le Titre 2, c’est-à-dire sur la rémunération et
les perspectives de carrière des personnels civils, pourtant en première ligne
pour le mettre en œuvre. Faute de mesures nouvelles, ce déséquilibre
fragilise déjà l’attractivité du ministère face à une concurrence accrue pour
les compétences les plus recherchées.
C'est dans ce contexte que ce CSAM se tient, à quelques mois des élections
professionnelles de fin d'année, une échéance qui va peser sur la vie sociale
du ministère pour les quatre prochaines années. Les agents ne mesureront
pas l'effort de Défense à son seul montant, mais à sa traduction concrète
dans leur situation : c'est sur ce terrain qu'ils jugeront, en décembre, si le
dialogue social de ce mandat a été à la hauteur de l'effort demandé.
Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des agents. Le gel
prolongé du point d’indice, l’érosion des grilles indiciaires et le tassement des
débuts de carrière au niveau du SMIC ne sont plus des sujets périphériques :
ils touchent désormais toutes les catégories, et en premier lieu la catégorie
C, dont les perspectives de carrière s’amenuisent d’année en année. Les
ajustements ponctuels et les mesures indemnitaires individualisées ne
remplacent pas une revalorisation structurelle et lisible des grilles indiciaires.
Cette exigence salariale doit s’accompagner d’une exigence d’équité entre
les filières et les métiers du ministère. La survalorisation de certaines
compétences très recherchées ne doit pas se faire au détriment des autres
filières (administrative, technique, logistique et paramédicale), qui sont tout
aussi indispensables au ministère. Nous demandons aux employeurs plus de
cohérence et de transparence dans l’attribution des mesures indemnitaires,
pour que les écarts de traitement ne deviennent pas eux-mêmes un facteur
de division entre agents.
Concernant la protection sociale complémentaire, nous voulons souligner les
avancées obtenues. La baisse de la cotisation des enfants, l’amélioration de
la prise en charge des enfants en situation de handicap et le maintien de
l’aide à la cotisation santé pour les familles monoparentales constituent des
avancées concrètes. Pour autant, notre vigilance reste entière. La mise en
œuvre du régime devra être suivie dans la durée.
La réforme de la fonction RH de proximité entre désormais dans sa phase de
mise en œuvre. Elle se jugera sur des faits : continuité de la paie,
accompagnement réel des agents transférés, formation effective des
équipes, accès sans rupture aux outils et aux dossiers. Nous serons attentifs,
dans les mois qui viennent, à ce que cette réorganisation ne dégrade pas le
service rendu sur le terrain.
Les réorganisations doivent désormais s’arrêter et se stabiliser, au lieu de
s’enchaîner sans fin. Chaque chantier engagé doit être mené à son terme,
évalué et précédé d’un vrai dialogue social avant sa mise en œuvre, pas après.
La méthode compte autant que l’objectif : une réorganisation mal préparée
coûte en confiance ce qu’elle prétend gagner en efficacité.
Nous l’évoquions en ouverture : l’attractivité et la fidélisation des
compétences du ministère sont un enjeu majeur pour les années à venir, face
à une base industrielle et technologique de défense qui recrute sur les
mêmes viviers, à des rémunérations supérieures. Cette concurrence ne se
gagnera pas avec des mesures ponctuelles, mais avec une politique RH de
long terme : parcours de carrière visibles, mobilité facilitée entre employeurs
du ministère, politique du logement adapté aux réalités locales et
rémunération à la hauteur des responsabilités confiées.
Enfin, le dialogue social lui-même doit sortir renforcé de cette période. La
réduction du nombre d’instances ne doit pas se traduire par un éloignement
du terrain, ni par un recul de la prévention des risques professionnels et
psychosociaux, un sujet qui appelle au contraire une vigilance croissante.
C’est bien l’ensemble de ces enjeux, budgétaires, salariaux et sociaux, que les
agents auront à l’esprit au moment de voter en décembre.
Merci de votre attention.


